Depuis le début de l’année académique 2008-2009, tous les Instituts supérieurs d’architecture (ISA) de la Communauté française de Belgique sont entrés dans un processus d’intégration au sein des quatre grandes universités francophones. Cette intégration permet la pleine reconnaissance universitaire de l’enseignement de l’architecture, le faisant participer, entre autres, aux écoles doctorales et à la recherche.
Le décret permettant cette intégration a été voté par le Parlement de la Communauté française fin avril 2009. En l’occurrence, il prévoit que l’ISACF La Cambre et l’ISA Victor Horta intègrent une Faculté d’architecture nouvellement créée au sein de l’Université Libre de Bruxelles. Des conventions spécifiques sont en cours de rédaction entre les institutions concernées afin de régler les questions relatives aux statuts des personnes, aux parcours des étudiants, aux transferts de patrimoine, etc.
Ce nouvel environnement permettra de tisser de riches liens avec toutes les disciplines universitaires dont l’architecture se nourrit (sciences humaines, sciences exactes, etc) et de faire bénéficier les étudiants de tous les services de l’Université Libre de Bruxelles.
La création d’une Faculté d’architecture autonome assurera aussi la préservation et le développement de ce qui forge l’essence même de cet enseignement : la synthèse créative et la particularité de l’enseignement par le projet, de même que le maintien des objectifs, méthodes et engagements spécifiques qui font la réputation des Instituts.
Deux passés / un avenir.
La nouvelle Faculté d’architecture de l’Université Libre de Bruxelles résulte donc de la réunion de deux Instituts supérieurs qui ont chacun une riche et longue expérience de cette formation :
- l’Institut supérieur d’architecture Victor Horta, héritier de l’enseignement de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles (1771), réformé au début du XXe siècle sous la direction de l’architecte Victor Horta (1861-1947) ;
- l’Institut supérieur d’architecture de la Communauté française – La Cambre, lui-même issu de l’Ecole nationale supérieure d’architecture et des arts décoratifs (ENSAAD – La Cambre) créée en 1926 par Henry van de Velde (1863-1957).
Ainsi, à travers ces figures qui marquèrent —aux niveaux national et international— l’architecture moderne au tournant de l’art nouveau et des avant-gardes, ces deux enseignements plongent leurs racines au cœur même de la modernité, tout autant qu’ils manifestent à son égard une diversité d’engagements et d’expressions.
De cet héritage, fécondé par ce nouvel environnement universitaire, la nouvelle faculté retient que l’architecture est un art de la raison, public et social, à la rencontre des arts et des sciences, du réel et de l’imaginaire, de la rigueur et du sentiment, de la poésie et de la technique, des traditions et des innovations. Dans cette perspective aussi, elle entend développer un enseignement pluraliste et émancipateur, ouvert aux opinions critiques et aux explorations innovantes de la discipline tout autant qu’à l’approfondissement des savoirs traditionnels du métier, conjuguant la nécessaire pertinence technique, l’indispensable responsabilité sociale et la richesse imaginative qui permettent d’assurer à chacun, et de manière responsable, de larges possibilités d’expression et de créativité.
Ces objectifs fondent également le développement de la recherche facultaire, fondamentale et opérationnelle, nécessaire tant à l’enrichissement des étudiants et de la collectivité qu’au développement de services à leurs égards. Ils orientent également les collaborations aux masters complémentaires ou de 3e cycle, menés avec d’autres facultés ou universités.



